Journal de Bord : La Catagolfe 2020
- girouetteentete

- 18 oct. 2020
- 8 min de lecture
Participation à la 32ème édition de la Catagolfe
Samedi 10 octobre.
* Le réveil sonne à 6h30.
Bien que cette nuit fut courte du au fait que nous sommes arrivés tard la veille, elle m'a également été réparatrice. Pierre-Yves à l'inverse, eu du mal à trouver le sommeil, parce qu'il ne pouvait s'empêcher de penser constamment à la régate comme il nous l'explique au petit déjeuner. Pour ma part, je ne pensais qu’à dormir parce que je savais que la journée aller être longue.
* Pour le petit déjeuner, on avait l’embarras du choix en terme de nourriture. Des tartines avec de la pâte à tartiner choco-noisette, un verre de jus de Cranberry et quelques dattes et le tour est joué.
*On décide de partir de la maison à 7h15, pour nous laisser le temps d’aller chercher nos affaires laissées chez notre grand-mère, puis aller au bateau s’équiper, et partir sur l’eau. On pensait vraiment être en retard, alors les étapes se sont très vite enchainées. Toutefois, on a pris le temps de respirer lorsque le soleil s’est levé.
* Une fois parti sur l’eau, je pris conscience de la fraicheur qui se dégageait sur l'eau. En tant que barreuse, l’inactivité physique de ma part ne faisait qu’amplifier ce ressenti. Mais bon, là n’était pas le moment de penser à cela. Il fallait vite rejoindre Arradon, où se tenait le départ de la régate.
* Et puis finalement, on arriva plus vite que nos prévisions qui étaient basée sur un constat météorologie annonçant un vent de 8-10 nds.
* On arrive sur le site à 10h45. On prend le temps de reconnaitre les lieux, et notamment les bouées vertes que l’on avait repérées sur le premier parcours annoncé : le Grand parcours.

* Mais bon le temps n’avance pas si vite qu’espéré, et je commence sérieusement à avoir froid… mais j’entends l’appel de la pom pot que notre papa nous avait glissé dans la poche. Et puis, une fois engloutie, l’énergie repart, et il est temps de se rendre au bateau comité pour pouvoir émarger.
* On attend nos camarades de l’école de voile du Fogeo, que tardent à venir. Les bateaux arrivent les uns après les autres et très vite, je me sens perdue dans tous ces bateaux qui a la différence du national avançaient pour de vrai. Tribord à mur/ bâbord à mur, je n’en savais rien, mais je remercie les penons de couleurs respectives verte et rouge pour leurs indications précieuses.
* Le comité de course, lance notre procédure après les bateaux à foils. Je suis impressionnée de leur vitesse et des personnes à bord qui font preuve de grande agilité pour pouvoir maintenir ces bateaux en l’air. On analyse avec Pierre-Yves, la ligne de départ, et on en déduit qu’elle est favorable au bateau comité. On cherche désormais à trouver notre place et ne pas se faire couvrir par les autres bateaux.

* Le départ est lancé. "Bon départ", on essaie toutefois de bien lancer le bateau, mais les autres Vipers nous passent devant. On garde notre calme, parce que la manche est encore bien longue.
(toujours à fond...)
* Au départ, l’envoi du spi est favorable, mais très vite les conditions météorologiques très instables et la géographie du golfe du Morbihan, met en difficulté les autres bateaux partis devant nous. On assiste à de grandes abattées et parfois à des dessalages. Nous, on décide d’être prudents, et on anticipe l'affalage du spi. Toutefois, on décide de le remettre quelque temps plus tard. Mais encore une fois la situation est trop difficile à tenir. Pierre-Yves a bien souffert des mains à ce moment-là. Mais rien n’y fait. Il ne s’en rend même pas compte et on continue. On trace notre route, sans se préoccuper des autres. Passage de Port- Navalo, trop bien !!!! Ensuite, on attaque un bord de travers comme on les aime… on fait bien marcher le bateau ce qui nous permet de revenir au contact des Vipers qui nous ont précédés. Descente dans la Baie en confrontation directe avec un autre Viper. On enroule la bouée devant les remparts en assez bonne position. Mais il ne faut vraiment pas se dire que c’est fini. Une petite voie me répétait que cela ne faisait que commencer.
* On perd définitivement de vue, le groupe de tête. Le passage des courants est de plus en plus mou. Le vent n’est vraiment plus très fort. De telle manière que l’on observe un rassemblement de bateaux dans une pétole généralisée. Tous les bateaux sont arrêtés. Une option s’ouvre à nous. Un autre passage pourrait soit nous faire remonter avec les premiers bateaux ou soit nous faire terminer dans les derniers. On réfléchit, on pose les pours et les contres, tout cela très discrètement parce que nous sommes juste à côté d’une autre Viper, qui nous laisse du fil à retordre.
* On prend au dernier moment la décision de changer complètement de chemin. On passe le passage et en se rend compte que c’était une bonne idée. On passe devant les autres bateaux, et on arrive à rejoindre de cette manière, les bateaux complètement devant. On est un peu dans une euphorie, parce que l’on ne voit pas vraiment de Viper devant, ni dernier. Mais au fond de nous nous savons que ce choix nous a permis de remonter de beaucoup de places mais ne faisait pas de nous des champions de la voile. Alors, on continue de se concentrer, et à vrai dire on suivait vraiment les bateaux de devant qui rassemblaient de vrais marins.
* Bref, on arrive sur la ligne d’arrivée, et on ne voit pas vraiment de bateaux derrière nous, et on commence à compter les bateaux devant nous. On prend alors conscience de 7ème place et on est vraiment contents.
* Toutefois, la journée n’est pas finie. Une deuxième manche est annoncée et on sait qu’elle va être dure pour nous, parce qu’elle est courte, stratégique parce que le vent, n’est plus très fort. Mais c’est aussi pour nous, une véritable épreuve parce que l’on veut conserver cette avance qu’il nous était offert par la première manche.
* On prend le départ de la deuxième manche qui consiste à faire le tour de l’ile aux moines. Toutefois, le comité de course annonce que le départ est volé et nous lance sur une deuxième procédure de départ.
* Enfin partis, on essaie de se maintenir dans le bon paquet. Une descente sous spi, vraiment ouf…. Je mets toutes mes forces physiques et mentales, au service de la vitesse. Le bateau avance à bonne allure et me permet de remonter sur trois bateaux que j’arrive à doubler. On décide d’empanner. Et là, on est bien ce n’est clairement pas le plus bel empannage que l’on a pu réaliser. On perd à moitié le travail fait il y a seulement quelques minutes. On fait le tour de l’ile. On fait bien attention à notre tracé, mais cet effort n’est pas suffisant, parce qu’autres bateaux, ont trouvé une meilleure route et nous doublent. On peine à aller chercher la bouée rouge évoluée comme un passage obligatoire. On finit tout de même à la passer, et à finir l’épreuve en réelle concurrence avec nos camarades Viper du Fogeo. On se livre à une vrai querelle, on tente des trucs plus ou moins concluants. Même si on finit devant à la 11ème place, l’on garde en tête cette bataille serré pour le jour suivant puisqu'elle nous livre un enseignement précieux : "un rien peut emmener l’autre devant, et un rien peut faire perdre l’autre".
* Mais à quoi bon parler de victoire / de batailles si l’on ne prend pas de plaisir. Et pour le coup je pense que Pierre-Yves s’est bien amusé à la barre, lorsque nous sommes repartis de la régate pour aller déposer notre bateau. Le retour, sous spi, me fait prendre conscience de l’existence de mes mains… hihihi, je rigole, mais au fond moi je ne comprends vraiment pas comment les gens font et notamment les personnes de mon gabarit.
* On arrive enfin, notre remorque nous attend accompagnée de notre fan-club familiale. On range le bateau, une nouvelle fois dans le froid. On prend le temps de parler avec les autres équipages des stratégies employées, autour d’un petit apéro très sympathique. Vient le moment de se poser enfin à la maison pour ensuite se restaurer au restaurant avec un bon Burger, histoire de se refaire une santé.
* Un coucher mérité, mais le sommeil est difficile à trouver tant l’excitation d’être le lendemain est présente
7H00 : Réveil assez dur il ne faut pas se le cacher. On ne doit pas chômer ce matin, nous devons réparer le spi qui s’est déchiré sur le bas la veille. une fois l’opération effectuée nous nous mettons en route pour la pointe de Bernon où le bateau a passé la nuit avec 9 autres Viper, la plupart venant du l’école de voile du Fogeo.

8H15 : Nous voilà auprès du bateau, bon voilà le topo il fait 8°C tout au plus mais le vent de nord qui rentre ce matin-là durcit le ressenti. Il nous faudra environ 45 min pour tout préparer et nous changer. L’ambiance est bonne ce matin, quelques têtes connues ont l’air d’apprécier les conditions venteuses qu’Éole nous offre ce matin.

9H00 : Ça y est, nous partons de la pointe de Bernon pour rejoindre la zone de départ située à Arradon. Pour se faire nous devons remonter auprès pendant une bonne trentaine de minutes et passer entre l’ile d’Arz et l’ile aux Moines.
10H30 : Les 140 bateau sont sur l’eau, la ligne de départ est mouillée, le parcours est connu c’est celui appelé de la rivière d’Auray, les procédures peuvent être enfin envoyées. Nous repérons que la ligne de départ est favorable au viseur donc nous faisons le choix de partir bâbord au ras de la bouée viseur. Le top départ est donné, l’intuition était la bonne, un virement de bord nous permet de nous remettre tribord amure et de constater que nous sommes dans le bon wagon après ce départ.
11H : Les conditions changeantes du golfe nous remet quelque peu dans le peloton duquel peu de bateau arrive à s’en détacher ce matin-là. Un gros regroupement se fait au niveau de la sortie du golfe car une dizaine de bateau qui nous précèdent s’empetolent en face de la pointe du Monteno. Encore une chance inouïe qui nous est donnée d’utiliser la technique de l’arrondi de trajectoire -autrement dit la trajectoire la plus courte est rarement la plus rapide dans le golfe.
11H30 : Cette transition effectuée, nous amène au bas de la rivière d’Auray et face à une bonne demi-heure de près entre les parcs à huitres. Il faut dire que nous apprécions particulièrement cette allure. Nous voyons tout de suite que nous arrivons à distancer quelques Viper qui nous suivaient de près jusque-là, et nous nous glissons dans un peloton de F18 qui nous précédaient. Dès lors une bonne partie de croisement au près s’engage pour notre plus grand plaisir.
12H : Une fois arrivé à la marque au vent nous envoyons le spi pour redescendre la rivière. Les conditions sont bonnes, les risées assez faciles à lire, les empannages s’enchainent nous ne perdons pas de place par rapport aux autres. Après plusieurs transissions sous spi nous enroulons la pointe sud de l’ile aux moines et nous partons au débridé bord à bord avec un autre Viper. Grâce à nos petits réglages à cette allure nous arrivons à le distancer ! Nous croisons enfin la ligne d’arrivée en 7ème position.
Cette régate fut une belle expérience, pleine d'enseignements et de sensations. Elle nous a permis de comprendre nos qualités mais aussi nos faiblesses qui seront à travailler à l'avenir.

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